11 janvier 2010

 

Aliquotes sociaux .

Certains responsables politiques ont semblé être scandalisés par la légitime inquiétude émise par la conférence des Grandes Ecoles à l'idée d'introduire des quotas aux concours d'entrée dans ces écoles.
Nous pourrions leur répondre que cette "idée" est une injure à la République, à l'école et à leurs professeurs .
Contentons nous, parce que nous savons que la violence,même verbale, est une escalade, d'affirmer notre conviction que l'on s'élève davantage en posant par hypothèse que les racines culturelles sont toujours positives et que les discriminations sont, par définition également, intrinséquement négatives .
Pour qu'un concours (ou une compétition sportive) soit digne et reconnu,il est évidemment impératif que tout le monde soit à égalité sur la ligne de départ .
Mes anciens élèves issus d'un milieu modeste,qui sont devenus centraliens ou polytechniciens (oui,il y en a encore) n'auraient pas apprécié, mais alors, pas du tout, de concourir dans la catégorie B (B comme boursier) et d'une manière générale, les élèves, quels que soient leur niveau et leur origine, ne sont jamais demandeurs de tout ce qui peut être interprété comme un passe-droit, mais au contraire toujours demandeurs de justice et d'égalité de traitement .

De plus, cette idée est difficilement applicable aux concours scientifiques : Il suffit d'imaginer la réaction d'un étudiant non boursier recalé de quelques points à Polytechnique parce que ses parents ont gagné 50 euros de trop pour qu'il fût boursier !

Quelques suggestions faciles à mettre en oeuvre allant dans le sens d'une plus grande démocratisation de l'accès aux filières sélectives ont été proposées dans les très nombreuses réactions qu'a suscité cette éventualité :

Deux matières sont plus déterminées socialement que d’autres:
Les langues vivantes – tout le monde ne peut pas envoyer ses enfants à l’étranger -
L'épreuve de culture générale,tant les programmes des classes prépas sont démesurément ambitieux et d'une hypocrisie rare : Les étudiants n'ont pas le temps de s'y préparer à armes égales dans le cadre de leur scolarité en CPGE .
Il suffirait donc, non pas de donner un coup de pouce aux boursiers , mais de supprimer celui que l'on donne de fait aux étudiants des classes sociales favorisées en revoyant à la baisse les programmes mais surtout les coefficients attribués à ces disciplines qui ne sont pas préparées à égalité par tous et dont la préparation est en grande partie extra-scolaire .
Tout le monde sait, qu'aux concours des écoles d'ingénieurs les plus " prestigieuses ", les différences de notes se font autant sur l' Anglais et le Français que sur les disciplines scientifiques.

Mais aussi et surtout-et le remède sera beaucoup plus difficile et courageux à mettre en oeuvre- il faudrait vraiment s'attaquer à la crise de l'école qui,il est vrai, affecte la plupart des pays riches!
Les enfants des classes sociales défavorisées dont le milieu familial ne remplit pas toujours au mieux sa mission éducative doivent pouvoir bénéficier d'une structure où le mérite et les valeurs de la République sont primordiaux et essentiels.
Il y a trente ans ,il n'y avait pas de quotas et pourtant, une proportion presque deux fois plus grande d'étudiants d'origine modeste accédait aux grandes écoles .
Pourquoi ?


PS:
Aux dernières nouvelles,les quotas de la semaine dernière sont devenus des objectifs
(et tout le monde semble satisfait)

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