29 juin 2010

 

Mental, physique, mathématique et football.

A l'école, Michel Platini, sans être un élève brillant, ne négligeait pas les cours de mathématiques ; son père, Aldo, joueur de football amateur, fut professeur de mathématiques et éclaira Michel très tôt sur quelques notions primordiales (au foot comme en mathématiques), la stratégie et l'anticipation au premier chef.
Physiquement, Michel Platini était le contraire d'un athlète :
Lorsque Le FC Metz, club de coeur de son enfance passée à Joeuf (à quelques kilomètres de Metz), invite le jeune Michel à un stage de présélection, le fameux test de capacité respiratoire tourne mal. Après pas moins de dix essais au spiromètre, Michel s'évanouit. Le verdict du médecin est radical : très faible capacité respiratoire, insuffisance cardiaque.
Platini est recalé physiquement, il ne jouera pas pour le FC Metz !
Le petit Michel rejoint finalement l'équipe réserve de l'AS Nancy-Lorraine (Metz et Nancy sont les deux capitales rivales de la région Lorraine).
A Nancy, Michel Platini travaille énormément toutes les techniques et en particulier celle du coup franc direct (avec des mannequins de mousse formant le mur).
A force d'entraînement, il parviendra à mettre au point une frappe de tir au but diabolique, où le ballon contournait le mur des défenseurs en suivant une courbe imprévisible pour le gardien, technique apparemment magique mais qui trouve des explications physiques ou mathématiques dans la théorie de la dynamique des fluides .
L'effet Magnus et la turbulence sont en effet deux effets aérodynamiques qui interviennent dans certaines frappes dites enveloppées au football, mais aussi au tennis, au ping pong ou au volley-ball .
Premier phénomène : L'effet Magnus .
L'effet donné à un ballon de football est dû à sa rotation sur lui-même. Si un objet est en rotation sur un axe perpendiculaire à son déplacement dans un fluide, une moitié de sa surface fait rotation dans la direction du déplacement, l'autre moitié fait rotation contre le déplacement. : L'air à l'extérieur de la courbe est ralenti, augmentant sa pression, tandis que l'air à l'intérieur de la courbe est accéléré, diminuant sa pression. Donc la balle dévie vers l'intérieur de la courbe, permettant au ballon de contourner le mur défensif et de revenir ensuite vers l'intérieur (c'est le même principe de Bernouilli qui fait voler les avions)
Le deuxième phénomène qui accentue le premier est lié aux turbulences.
Soyons concrets : Pour une trajectoire d’une trentaine de mètres, correspondant à un temps de vol de l’ordre de 1s, la déviation en fin de parcours peut atteindre 4 mètres : de quoi rendre fou furieux le gardien de but !
Dans les années 80, Michel Platini, à force d'entraînement et bien que doué de qualités physiques ordinaires, était le spécialiste de ce type de tir qui repose sur des principes physiques et sur des études de trajectoires, de courbures mathématiques .

Vous connaissez sans doute la suite :
Grâce à son intelligence de jeu, à son mental, à ses qualités stratégiques, à l'équation du mathématicien suisse Daniel Bernouilli, aux travaux du physicien allemand Heinrich Magnus, Michel Platini est devenu un des meilleurs joueurs de l'histoire du football mondial .
( le plus grand footballeur français devant Zinedine Zidane et Raymond Kopa )





Ici, l'excellent gardien espagnol ne parvient pas à bloquer le ballon non pas parce qu'il commet une erreur comme il est dit en début de commentaires, mais parce que la coubure de la trajectoire du ballon, au niveau du but, s'infléchit de façon inattendue (pour cause d'effet Magnus + turbulences)

PS:
Aujourd'hui, en équipe de France, on sélectionne les joueurs uniquement sur leurs qualités physiques et le sélectionneur, peu scientifique, croit plus aux prétendues vertus de l'astrologie qu'à celles des mathématiques, mais c'est une tout autre histoire, beaucoup moins belle et dont on connaît le triste épilogue, n'en parlons plus .

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