27 septembre 2010

 

Colloque humour et enseignement .

Appel à contribution pour le colloque humour et enseignement :

IXème colloque international Corhum. Date limite 1er mars 2011. Le colloque se déroulera à l'Université de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines les 13, 14 et 15 octobre 2011.

On dit : « un ton professoral », « un cours magistral », «un ton docte ». L’enseignement n’est-il donc fait que de sérieux, voire d’esprit de sérieux ?

Pourtant tous les enseignants le savent : l’humour vient souvent pousser la porte de la salle de classe. Il peut être volontaire et contribuer à la compréhension plus aisée d’un problème ardu. Il peut venir des supports eux-mêmes, censés être plus faciles d’approche. En outre, l’humour sert bien souvent à désamorcer un conflit, ou alors, pour le professeur épuisé, à se sortir d’une impasse. Il peut être une manière d'être, une marque de fabrique pédagogique, une pratique fondée sur l’autodérision, ou la remise en question permanente. Mais l’humour peut aussi être involontaire: il peut naître de malentendus, ou de fous rires irrépressibles dus à des situations-limites, chez les élèves comme chez les enseignants. Il est alors une sorte de miracle pédagogique, toujours mémorable. Un élève se souviendra sans doute avec émotion d’un professeur plein d’humour ; un enseignant se surprendra encore à évoquer telle situation « drôle » et inattendue.

Mais l’humour en situation d’enseignement est aussi un problème délicat. Il peut, en classe plus qu’ailleurs, être mal reçu et mal interprété : parce qu’il émane d’une autorité, il peut ainsi être mis au service du pouvoir de cette même autorité, et tourner à l’ironie méchante. Certains professeurs s’interdisent de faire de l’humour en classe, de crainte que le second degré ne soit pas compris; ils pensent que seul le premier degré assure un terrain stable. Venant des élèves, l'humour peut être perçu comme une forme de contestation perturbante, et, à ce titre, répréhensible, voire réprimée – à moins qu’elle ne soit encouragée et valorisée au même titre qu’une autre « compétence ». Enfin, la portée interculturelle de l’humour en contexte de classe peut être périlleuse: la plaisanterie risque de heurter l'identité et la sensibilité de certains élèves. On peut aussi se demander si la culture comique, liée aux identités nationales, ne joue pas un rôle déterminant dans l'usage de l'humour dans l'enseignement. On peut par exemple se demander si les Anglo-Saxons n’acceptent pas davantage l’humour en contexte académique que les Français.

Ce colloque sera également l’occasion d’aborder le lien entre humour et enseignement dans une perspective historique : la pédagogie va-t-elle dans le sens d’un esprit de sérieux croissant, ou, au contraire, d’une décrispation ?

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