18 mars 2011

 

Art technologique : Piotr Kowalski.






Piotr Kowalski, né en 1927 en Pologne et décédé à Paris à l'âge de 76 ans, était bien plus que sculpteurmathématicien et architecte.
À dix-huit ans il quitte son pays et voyage en Europe et en Amérique du Sud.
Étudiant en biophysique et en mathématiques dans les années 1950 au MIT (Cambridge), il rompt avec la carrière scientifique pour des raisons éthiques. Le mouvement de contestation universitaire, l'«Union of concerned scientists», lui fait prendre conscience des risques et dérives d'une recherche scientifique subordonnée aux impératifs de l'armement nucléaire. 
Il étudie l'architecture dans cette même université. Pendant dix ans, il explore au sein du Centre de Recherche pour les Arts de nouvelles formes plastiques sur la base d'une lecture critique des phénomènes scientifiques. D'après lui, la prééminence de la culture scientifique sur les autres savoirs représente un des phénomènes cruciaux de nos sociétés contemporaines. Il crée des œuvres afin de susciter des questions ; il deviendra architecte, soit à son compte soit aux côtés de personnalités telles que Ieoh Ming PeiMarcel Breuer ou Jean Prouvé.En 1957, il s'installe en France à Montrouge, cesse ses activités d'architecte et devient artiste plasticien mais ne délaisse pas les sciences qui seront d'ailleurs au centre de son œuvre : il manipulera notamment la lumière et l'énergie magnétique, et bien plus tard les hologrammes ou le réseau Internet. Kowalski se consacrera à des œuvres situées dans l'espace public, notamment à La Défense, plus particulièrement la Place des Degrés en 1988. On peut y voir un escalier monumental, un mât, du mobilier urbain. On trouve aussi un dallage géométrique qui, vu d'une certaine hauteur, se révèle être un portrait du mathématicien Blaise Pascal.
Enfin, il a été professeur aux Beaux-Arts de Paris (à partir de 1987) et au MIT de Cambridge (1978 à 1985), distinction rare, voire unique, pour un artiste basé à Paris.
Piotr Kowalski est l'un des pionniers de l'art technologique, ses différentes casquettes (arts, sciences, ingénierie) lui permettront de mettre en relation des pratiques que certains croient culturellement incompatibles : c'est ainsi qu'il a entraîné dans des aventures artistiques des entreprises comme IBM. Le philosophe Jean-Marc Lévy-Leblond dans sa revue Alliages : arts et sciences lui a rendu souvent hommage.

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